Vendredi 3 Juillet 2009 à 12:31:8
Comment le ministère du travail et de la sécurité Sociale souscrit aux injonctions d'un syndicat. D'abord annoncée le 2 juillet 2009, la rencontre tripartite entre l’administration, le syndicat et les personnels a été reportée au 07 juillet.

C’est sur une salle des conférences fermée à double tour que j’ai buté ce jeudi 2 juillet 2009 à 10 heures. Même le couloir du 1er étage habituellement grouillant lors des réunions sur le dialogue social est désert. Les personnels des bureaux attenants ne sont pas informés d’une quelque rencontre devant de tenir dans cette pièce.
Au 2ème étage, M Ava, chef de la cellule de communication (celcom), seul dans son service joue au solitaire sur son ordinateur de bureau. Lui aussi, selon ses propos, n’a pas souvenance d’une réunion programmée, ce d’autant que le Ministre était à Genève la semaine écoulée. puis il fait observer que «le Ministre ne peut pas programmer une réunion qu’il ne pourra pas présider». Avant de me suggérer d’approcher la Directrice de la sécurité sociale, madame Elise Marguerite Mendomo.
Rendu à ce niveau, madame est au finance pour régler un problème d‘assurance, disent ses secrétaires. Dans le couloir un de ses proches collaborateurs fait savoir qu’effectivement cette rencontre vient d’être envisagée, elle aura lieu le mardi prochain 7 juillet. Puis il nous conseille d’aller tout de même en parler avec le Directeur des relations professionnelles (DRP), M Yapele, qui a la charge de sa préparation, ou le sous Directeur du climat social.
Ce dernier confirme l’information, et la date et l’heure de la tenue de la rencontre, à 11 heures le mardi suivant. Au sein du Ministère, une source à la celcom indique que quelques personnels de la Caisse nationale de Prévoyance Sociale (Cnps) «arborant le brassard noir en guise de protestation de leurs conditions de travail ont été formellement identifiés. On imagine que les sanctions vont s’en suivre», conclut celle-ci.
Sur l’identité et la fonction de la personne qui recensait les grévistes, ainsi que l’identité du commanditaire de cette activité, cette personne avoue ne rien savoir. Pour autant, on sait qu’en date du 1er juin, un préavis de manifestation signé de Isaac Bissqala, président de l’Union générale des Travailleurs du Cameroun (UGTC) avait été adressée au directeur général de la Cnps, Alain Noël Olivier Mekulu Mvondo Akame. En vue de l’informer de l'organisation par son mouvement des manifestations à compter du 1er juillet.
Pour protester contre son refus de la révision de la grille des salaires de 6,5% applicable depuis le 1er juillet 2008 ; la révision de la prime de logement de 30% applicable depuis le 1er janvier 2009 ; la révision de la prime de transport de 30.000 FCFA applicable depuis le 1er janvier 2009. Et ce malgré les recours observés par son groupe dans le cadre du dialogue social. Dans sa correspondance, Isaac Bissala instruit le Dg du respect de ses engagements afin d‘éviter le mouvement de protestation qui prendra effet le 1er juillet.
Deux jours plus tard, c’est-à-dire le 3 juin, le porte parole des délégués du Syndicat National des travailleurs de banques, établissements financiers, de crédits, d’investissements et de la sécurité sociale (SYNTBEFCISS-CAM), Nkoulou Belibi Laurent, lui donnait la réplique. Dans une note adressée à tout le personnel de l’entreprise. Dans laquelle ils reconnaissent ces réclamations «légitimes et inaliénables», mais "fustigent fermement cette forme de grève parce que prise en flagrante violation des textes régissant le monde du travail au Cameroun".
Ils citent par exemple, l’article 7 de la convention collective des Banques qui dispose en son alinéa 1: Que les organisations signataires affirment leur volonté de rechercher toute possibilité d’examen en commun des différends collectifs et de faciliter ainsi leur solution au sein de l’entreprise. L’article 2 qui recommande que les parties en cause usent de tous les moyens en leur pouvoir avant de recourir à la procédure légale de règlement des conflits collectifs de travail.
Les délégué brandissent également l’article 158 du code du travail, alinéa 1 qui dispose que tout différend collectif doit immédiatement être notifié par la partie la plus diligente à l’inspecteur du travail du ressort. A défaut de procédure de conciliation prévue par la convention collective ou en cas d’échec de ladite procédure, l’inspecteur du travail convoque sans délai les parties et procède à une tentative de règlement à l’amiable.
L’initiative de la saisine de l’inspecteur de travail incombant exclusivement aux délégués du personnel (cf art 128 (a) du code du travail), selon lequel, les délégués du personnel ont pour mission de saisir l’inspecteur du travail du ressort de toute revendication, plainte ou réclamation concernant l’application des prescriptions légales et règlementaires dont elle est chargée d’assurer le contrôle.
Dans le même chapitre, l’article 165 du code du travail indique que le lock-out ou la grève engagée en contravention des dispositions qui précèdent peut entraîner(b) pour les travailleurs : La rupture du contrat de travail pour faute lourde, la condamnation à une amende de 20.000 à 100.000 FCFA. En conclusion, les Délégués appelaient leurs collègues à rester vigilants et de se mettre résolument au travail, pour une Cnps toujours plus solidaire, toujours plus forte. On saura au terme de la réunion du 7 juillet si les partis en rpésence tendent vers cet idéal.